• Boo

    Boo

     

    Oliver, dit "Boo", décède à l'âge de treize ans et se retrouve dans l'au-delà. Ici, pas d'anges, de beaux paysages ou de paix éternelle. Non, dans cette vie après la mort on ne trouve que des quartiers. Dans celui de Boo, il n'y a que des individus passés à treize ans et ayant vécu aux États-Unis. Boo se retrouve donc dans un paradis empli de barres d'immeubles, de conserves sans saveur et de beaucoup de questions. Qui donc les a placés là ? Y-a-t-il même quelqu'un qui contrôle tout cela ? Surtout, Boo est-il réellement décédé à cause d'un problème cardiaque ou sa mort cache-t-elle quelque chose de beaucoup plus grave ?
    Récit fantastique et policier au suspens insoutenable, Boo est un roman complet aux retournements de situations efficaces. A la fois grande histoire d'amitié, roman d'initiation et de psychologie, je me suis sentie transportée dans l'univers créé par Neil Smith. Les personnages sont plutôt atypiques ce qui ajoute encore plus au récit. De plus, le livre est un one-shot, nous ne sommes donc pas obligés d'attendre pour avoir une fin. Celle-ci m'a d'ailleurs surprise très positivement. L'auteur aurait pu facilement tomber dans une fiction où le pathétique l'aurait emporté sur l'émotion, heureusement il n'en est rien ! C'est une réussite complète. Je vous invite donc à vous rendre dans la librairie la plus proche de chez vous pour vous fournir Boo. Bonne lecture !
    Dès 12 ans

    À paraître le 21 août 2019

    Boo
    Neil Smith
    École des Loisirs
    18 euros
    9782211301494


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  • La supplication

    Ayant énormément apprécié la série Chernobyl diffusée pas HBO, j'ai eu envie d'en apprendre plus sur cet événement. Je me suis donc lancée dans la lecture de La supplication de Svetlana Alexievitch paru aux éditions J'ai Lu. L'ouvrage paru en 1997, soit 10 ans après la catastrophe, est une série de témoignages. L'auteure nous propose donc une série de portraits, elle laisse la parole aux victimes, aux scientifiques, aux liquidateurs et aux personnes ayant vécu ou vivant encore dans les zones contaminées. Elle ne donne aucune explication, elle donne simplement la parole à ceux qui ne l'on jamais eue. 

    Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce texte poignant, d'une intensité rare. Les personnes interrogées parlent finalement peu de la centrale, mais l'ombre de cette dernière plane indubitablement tout au long du récit. La peur, la maladie, la mort et l'Apocalypse sont au cœur de tous les témoignages. Certaines phrases résonnent longtemps après la lecture, comme celle-ci :"Il n'y a pas de roman de science-fiction sur Tchernobyl. La réalité est encore plus fantastique."

    La supplication, Tchernobyl Chronique du monde après l'apocalypse
    Svetlana Alexievitch 
    J'ai Lu
    7 euros
    9782290135990

     


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  •  La fabrique des mots

    La fabrique des mots est le cinquième et dernier volume de la série d'Erik Orsenna au pays de la langue française. Je n'ai pas lu les précédents titres mais je pense m'y mettre rapidement car j'ai été très emballée par ce roman. La narratrice, une petite fille nommée Jeanne, nous raconte son aventure au pays des mots. D'où viennent-ils ? Quelles sont leurs racines et leur histoire ? Que veulent-ils dirent au delà de la signification première du dictionnaire ? Que nous apportent-ils ? Bref, que sont les mots ? Ils sont tellement de choses qu'il faudrait une bibliothèque entière pour parler d'eux, mais ce que l'auteur a réussi à nous faire comprendre dans ce court texte (120 pages !), c'est qu'ils sont peut-être créés par nous, mais ils nous font grandir, vivre et ils donnent un sens à notre existence. Alors, que serions-nous sans eux ? Rien. Et c'est ce qui se passe dans ce roman. Le président décide de n'autoriser qu'une liste de douze mots et uniquement des verbes ! Quelle tragédie ! Heureusement, Jeanne et ses camarades de classes ont de la chance, car leur maitresse est amoureuse des mots et elle va les emmener faire un voyage dans ce monde merveilleux qu'est la langue française. 
    J'ai adoré cette lecture qui nous rappelle que dans chaque mot, même le plus simple, il y a une histoire vieille de parfois plusieurs siècles qui en dit long sur les voyages et rencontres entre les langues. Car, notre langue est riche de plusieurs origines et on a tendance à l'oublier parfois. Le Grec, le Latin, l'Arabe, le Japonais, le Russe, l'Anglais et tant d'autres langues sont à l'origine de nombreux mots que nous utilisons au quotidien. Ce dernier point sera d'ailleurs ma seule critique. Car Erik Orsenna semble fier des origines étrangères de notre langue, ce en quoi il a parfaitement raison, mais cela ne semble vrai que pour les mots anciens. En effet, j'ai remarqué que lorsqu'il parle des mots plus récemment ajoutés au dictionnaire alors le texte devient plus condescendant comme si ces mots récents n'avaient pas leur place dans notre vocabulaire et que "le triomphe de l'anglais" et "la dégringolade du français" (page 95) étaient forcément quelque chose "d"humiliant" (page 95). Je trouve cela assez triste, car l'ajout de nouveaux mots qui viennent de l'anglais ne va pas détruire la langue française, mais pourrait plutôt l'enrichir. Malgré ces quelques pages à propos de l'Anglais, qui m'ont un peu énervée, j'ai passé un excellent moment lors de cette lecture que je vous recommande vivement, car ce texte m'aura rappelé qu'il faut toujours se renseigner sur d'où viennent les mots car ils nous aident à savoir d'où l'on vient et où l'on va.

     

    La fabrique des mots
    Erik Orsenna
    Livre de poche
    5.90 euros
    9782253194996

     


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  •  La guerre des mercredis

     

    Il existe peu d'auteurs qui savent réellement nous émouvoir. Il y en a encore moins qui y arrivent par deux fois ! Gary D. Schmidt est de ceux-là. Il avait déjà écrit le chef d’œuvre qu'est Jusqu'ici tout va bien, il réitère l’exploit avec La guerre des mercredis.
    L'action se passe en 1968, dans une petite ville américaine, non loin de New-York. Le narrateur, le jeune Holling, est collégien. Tous les mercredis, il se retrouve seul avec sa professeure d'anglais car, contrairement à ses petits camarades, il ne va ni à l’Église ni à la Synagogue. Quelle horreur me direz-vous de se retrouver en tête à tête avec sa prof une fois par semaine, surtout quand cette dernière semble vous détester au plus haut point. Mais Holling a tort, car ces après-midis se révèlent une expérience rare. Il va découvrir Shakespeare, ses pièces de théâtre et il se découvrira lui-même au fil de ses lectures et de ses discussions avec madame Baker. Tout l'intérêt du roman réside ici. Ces entretiens avec cette professeure mêlent à la fois amour de la langue et des livres mais également rencontre et découverte de l'autre. Car Holling ne s'en rend pas tout de suite compte mais l'actualité brûlante qui a lieu en cette année dans son pays est au cœur de la vie des adultes qui l'entourent. En effet, la guerre du Vietnam ravage la vie et le cœur des habitants de la petite ville.
    Tout comme dans Jusqu'ici tout va bien, ce roman, qui parlera aux enfants dès 12 ans, est une pépite d'une incroyable justesse. Les sentiments humains, la difficulté de se sentir chez-soi et de s'intégrer dans une société que l'on ne comprend pas toujours, la littérature et les beaux mots sont au centre de cette petite merveille que je vous conseille de lire au plus vite ! Il n'y a pas assez de mots pour décrire à quel point cette histoire m'a touchée et je pense qu'elle restera longtemps dans ma mémoire. Car Gary D. Schmidt a ce don de nous faire croire à ses histoires, de nous faire aimer ses personnages qui deviennent tellement réels que nous nous inquiétons pour eux à chaque instant. Malheureusement, seuls deux titres de l'auteur ont été traduits en français... Vivement que les autres soient publiés pour nous faire vibrer encore par sa superbe plume.

     

    La guerre des mercredis
    Gary D. Schmidt
    École des loisirs
    8.80 euros
    9782211239165


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  •  Le peuple de la brume

     

    La Science-Fiction est mon genre littéraire préféré. À travers la fiction l’auteur peut déjà nous faire voyager, nous amener à vivre des aventures palpitantes à travers des personnages inventés de toutes pièces. Mais avec la Science-Fiction, on va plus loin ! Car les œuvres de SF invitent très souvent à une critique de notre société et de ses nombreuses dérives. En transposant nos problèmes dans des univers futuristes, les auteurs sont plus libres de critiquer en profondeur les questionnements de notre temps. Et c’est cela que j’apprécie au plus haut point dans ce genre de littérature trop souvent relégué au rang de roman de gare ou cloisonné à la littérature pour adolescents et jeunes adultes. La Science-Fiction, contrairement à ce que bon nombre de personnes peuvent penser, c’est de la littérature. Et parfois, c’est même de la très grande littérature. En voici la preuve avec le roman de José Eduardo Agualusa : Le peuple de la Brume, paru aux éditions de La joie de lire.
    L’histoire est simple. L’humanité a été décimée par la montée des eaux. Quelques individus ont pu se sauver grâce à des dirigeables gigantesques, nommés comme les villes des anciennes civilisations humaines presque disparues. Ainsi, nos héros vivent dans le ciel, sur des « bateaux » volants comme Paris, Tokyo, Sao Paulo ou encore New York. Au-dessus de la terre, ou plutôt au-dessus de l’eau, car celle-ci recouvre maintenant l’ensemble du globe, de nouvelles colonies humaines tentent de trouver un sens à leur existence chamboulée. Les dernières générations, n’ayant jamais mis un pied sur la terre, ne connaissent que l’immensité du ciel ainsi que l’exiguïté des dirigeables et essayent de grandir dans cette nouvelle ère. Carlos, notre narrateur, est l’un de ces jeunes qui ne comprend pas la nostalgie des anciens, ces derniers n’arrêtant pas de pleurer la perte de la terre et notamment l’odeur de l’herbe mouillée. Ils se plaisent à croire en une légende qui se murmure entre les dirigeables. Il existerait encore une dernière terre habitable. Mais Carlos et ses nouveaux amis n’osent y croire. Pourtant, ils embarqueront dans une quête sans fin pour tenter de la trouver. Un long voyage vers la terre et vers eux-mêmes commence alors.
    Si ce roman de seulement 200 pages est aussi poignant, c’est grâce à la poésie qui l’imprègne. Car, comme bon nombre de romans de Science-Fiction, il tente de nous faire réfléchir sur notre condition d’être humain. Qu’est-ce qui fait de nous des Hommes ? Là où nous vivons ? Là où nous naissons ? Là où nous allons ? Autant de questions dignes d’une dissertation de philosophie, que l’auteur tente de résoudre à travers une aventure incroyablement palpitante. Un grand livre de Science-Fiction et plus encore une œuvre emplie de poésie.

    Le peuple de la brume
    José Eduardo Agualusa
    La Joie de Lire
    14.90 euros
    9782889084180


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